Source : Intergovernemental Panel on Climate Change, Français, 2021, disponible sur https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/

Nombreux sont les articles ou les reportages faisant référence aux rapports du GIEC pour évoquer le changement climatique ou encore les négociations internationales lors de Conférences des parties (COP) se déroulant, chaque année, depuis 1992, dans le cadre de la Convention des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC).

Qu'est-ce que le GIEC ? Quelles sont ses missions ? Comment fonctionne-t-il ?

 

Le GIEC, un organe scientifique et intergouvernemental

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat constitue le principal organe scientifique international en charge de l’évaluation du changement climatique. Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement, le GIEC vise à fournir une « vision scientifique claire de l’état actuel des connaissances en matière de changement climatique et de leur incidence potentielle sur l’environnement et la sphère socio-économique ». Au travers de ses rapports, le GIEC réalise des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et stratégies de parade » (IPCC, 2021).

 

Il importe de préciser que le GIEC constitue un organe scientifique dont la mission consiste en l’évaluation et l’examen des données scientifiques et socio-économiques les plus récentes publiées dans le monde. Par conséquent, le GIEC n’est pas chargé de conduire des travaux de recherche ou encore de suivre l’évolution des données ou paramètres climatologiques (IPCC, 2021).

 

Le GIEC présente l’avantage d’être un organe intergouvernemental. Tous les pays Membres de l’Organisation des Nations Unies et de l’OMM peuvent en faire partie. 195 pays sont actuellement Membres du GIEC. Le GIEC se rassemble une fois par an lors de séances plénières au cours desquelles les représentants des gouvernements s’entendent notamment sur la prise de grandes décisions. En outre, ceux-ci participent également à la détermination du contenu des rapports, à la désignation des auteurs, au processus d’examen en plus d’accepter, d’adopter et d’approuver les rapports lors des sessions plénières.

 

Les rapports d’évaluation du GIEC constituent des ressources uniques dont le contenu satisfait à des exigences en termes de méthodologie, de clarté et d’objectivité. Ils rassemblent des milliers de scientifiques intervenant en tant qu’auteurs, collaborateurs ou encore examinateurs, sur une base volontaire, sans percevoir de rémunération par le GIEC.

 

Les rapports d’évaluation visent à éclairer les décideurs dans leur prise de décision et leur action en vertu de rapports qu’ils ont préalablement reconnus, depuis la détermination des auteurs, à celle des résultats et recommandations, en passant par leur orientation.

Cinq rapports d'évaluation

A ce jour, cinq rapports d’évaluation ont été rédigés par le GIEC. Le premier a été rédigé en 1990. Quatre autres ont suivi depuis lors en 1995, 2001, 2007 et 2013-2014. Le GIEC travaille actuellement au sixième Rapport d’évaluation dont le contenu devrait être publié en 2021 et 2022.

 

Chaque rapport constitue un volume structuré en quatre parties. Chacune d’elle est rédigée par un groupe de travail, lui-même appuyé par des unités d’appui technique.  

  • Les éléments scientifiques de l’évolution du climat (Groupe de travail I),

  • Les conséquences des changements climatiques, la vulnérabilité et l’adaptation (Groupe de travail II),

  • L’aténuation des changements climatiques (Groupe de travail III),

  • Le rapport de synthèse.

 

Le GIEC a également publié trois rapports spéciaux sur des thématiques précises :

  • Le rapport spécial sur le réchauffement de 1,5° C (2018);

Il s'agit d'un rapport sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les profils connexes d’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dans le contexte du renforcement de la riposte mondiale au changement climatique, du développement durable et de la lutte contre la pauvreté.

  • Le rapport spécial sur le changement climatique et les terres émergées (2019);

Il s’agit d’un rapport sur changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.

  • Le rapport spécial sur l’océan et la cryosphère (2019).

Le GIEC a également publié en 2006 un rapport méthodologique sur les inventaires nationaux de gaz à effet de serre. Celui-ci a été mis à jour en 2019. Le but est d’établir des méthodes de calcul et de compte rendu des émissions et absorptions de gaz à effet de serre afin d’aider les Parties à la CCNUCC et son Protocole de Kyoto à dresser des inventaires nationaux des émissions de gaz à effet de serre, par source, et des piégeages, par puits.