2. Les externalités environnementales

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Selon l'Agence européenne de l'environnement, l'industrie textile est responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre globales, depuis la construction des matières premières jusq'au recyclage du vêtement. 

 

La production et la manipulation des vêtements, des chaussures et des textiles ménagers consommés dans l'UE ont généré des émissions de 654 kg d'équivalent CO2 par personne en 2017 avec une consommation moyenne de 26 kg de textiles par personne et par an. Néanmoins, seulement 25 % de ces émissions ont eu lieu dans l'UE-28 dans la mesure où l'UE est en réalité un importateur textile.

Les fibres synthétiques (polyester, acrylique, nylon, etc.), utilisées dans la plupart de nos vêtements, sont fabriquées à partir de combustibles fossiles, ce qui rend la production beaucoup plus énergivore qu'avec les fibres naturelles. Plus de 98 millions de tonnes d’énergie fossile seraient aussi utilisées par an, dont du pétrole pour la production de fibres synthétiques, d’engrais et de produits de teinture.

La plupart de nos vêtements sont produits en Chine, au Bangladesh ou en Inde, pays essentiellement alimentés par le charbon. C'est le type d'énergie le plus sale en termes d'émissions de carbone.  

En outre, le transport des vêtements, généralement par avion, génère également des émissions.

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Selon l'Agence européenne de l'environnement, les processus de production textile utilisent une grande quantité et une grande variété de produits chimiques. Environ 3 500 substances sont utilisées dans la production textile. Parmi celles-ci, 750 ont été classées comme dangereuses pour la santé humaine et 440 comme dangereuses pour l'environnement (eau, sol, ai).

 

On estime qu'environ 20 % de la pollution mondiale de l'eau est causée par la teinture et le finissage des produits textiles, ce qui affecte la santé des travailleurs et des communautés locales.
Le lavage libère des produits chimiques et des microplastiques dans les eaux usées des ménages. On estime qu'environ un demi-million de tonnes de microfibres plastiques sont rejetées dans l'océan chaque année par le lavage des textiles à base de plastique tel que les matières synthétiques, ce qui équivaut à 35% des microplastiques primaires globaux rejetés dans l'océan.

Une seule brassée de vêtements en polyester peut libérer 700 000 fibres microplastiques qui peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire.

La production textile est responsable d'environ 20 % de la pollution mondiale de l'eau propre provenant des produits de teinture et de finissage.

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L'industrie du textile pollue également les sols.

Chaque année, des milliers d'hectares de forêts anciennes et menacées sont abattus et remplacés par des plantations d'arbres utilisés pour fabriquer des tissus à base de bois tels que la rayonne, la viscose et le modal.

La dégradation des sols due à l'utilisation massive de pesticides pour la culture du coton mais aussi les résidus des produits de traitement (chrome…) rejetés dans la nature ont de graves conséquences sur la biodiversité et la santé des sols.

Au niveau mondial, moins de 1 % des vêtements sont recyclés sous forme de vêtements, en partie en raison de technologies inadéquates.

Les vêtements usagés peuvent être exportés en dehors de l'UE, mais ils sont pour la plupart (87 %) incinérés ou mis en décharge.
 
On estime à 4 millions de tonnes le poids des textiles non recyclés.

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Le coton est une des matières premières les plus utilisées dans l'industrie textile. Selon le Service de recherche du Parlement européen, on estime que l'industrie mondiale du textile a utilisé 79 milliards de mètres cubes d'eau en 2015, alors que les besoins de l'ensemble de l'économie de l'UE s'élevaient à 266 milliards de mètres cubes en 2017. Pour fabriquer un seul t-shirt en coton, il faut, selon les estimations, 2 700 litres d'eau douce, ce qui suffit à satisfaire les besoins en eau potable d'une personne pendant 2,5 ans.

Selon l'Agence européenne de l'environnement, la production et la manipulation de tous les vêtements, chaussures et textiles ménagers achetés par les ménages de l'UE-28 en 2017 ont utilisé, selon les estimations, 1,3 tonne de matières premières primaires et 104 m3 d'eau par personne. Environ 85 % de ces matières premières et 92 % de l'eau ont été utilisés dans d'autres régions du monde, ce qui est le plus élevé de tous les domaines de consommation.

Sources

- Charpail, M., "Fashion's Environmental Impact", Sustain Your Style, 2017.

- Collet, Ph., "G7: le secteur de la mode se fixe une première série d’engagements volontaires", Actu Environnement, 23 août 2019.

- European Parlement, "The impact of textile production and waste on the environment (infographic)", 29 décembre 2020.

- Gray, S., Mapping clothing impacts in Europe: the environmental cost, Wrap, 2017.

- Potts, J., et al. The state of sustainability initiatives review 2014. Standards and the Green Economy, International Institute for Sustainable Development, 2014.

- Roos, S., Advancing life cycle assessment of textile products to include textile 40 chemicals. Inventory data and toxicity impact assessment, 2016.

- Sajn, N., Environmental impact of the textile industry. What consumers need to know, European Parlimentary Research Service, 2019.

- Veillart, P., Impact environnemental du secteur textile : le dernier clou dans le cercueil ?, Oxfam Magasins du monde, 2020.

- Yousefi, Y. "Environmental and Social Impacts of Fast Fashion", SDWatch, 18 february 2020.

- X, ESG Reporting Framework. Responsible, Sustainable and Ethical Trade, ReSET, ITC. Ethical Fashion Initiative.